
Exploit et… cata !
Nous l’avons vu, les conditions d’adhérence sans cesse changeantes vécues sur un Rallye Monte-Carlo en font réellement une épreuve à part dans le calendrier du mondial de la spécialité.
(illustrations Constructeur)
Entre le petit matin, la matinée, la pleine journée, la soirée, ou la nuit, entre cols, vallées et plaines, selon que le soleil soit à l’ombre ou pas, et selon les températures, dont les variables peuvent faire le grand écart, les pneumatiques jouent un rôle majeur sur un Monte-Carlo. Et parfois, cela nous vaut de sacrées surprises…
Exploit…
Nous sommes en 1977 et les 11 km de la toute première spéciale programmée peu après 8 heures du matin (Les Chanets) alterne sec, neige fondue et verglas.
Alors que les ténors pointent forcément aux avant-postes, Guy Fréquelin (Alpine A310) ayant été le plus habile (une poignée de secondes devant les Fiat 131 Abarth officielles de Markku Alén, Maurizio Verini et Fulvio Bacchelli), neige et verglas s’effacent progressivement au fur et à mesure du passage des voitures, à la faveur de ceux qui partent plus tard.
C’est d’abord l’Italien Leo Pittoni, engagé sous le pseudonyme « Il Pilota », qui se fait remarquer avec sa Lancia Stratos HF en ne concédant que 6″ à Fréquelin, tout en devançant les Stratos officielles !

Alors qu’une centaine de voitures en ont terminé avec ce chrono, la route s’est totalement asséchée. Arrive le tour de la Ford Escort RS 2000 numéro 152, qui comme la plupart le font désormais, s’élance en pneus « Racing ». Onze kilomètres plus tard, elle s’immobilise au point stop et le temps tombe : 5″ plus vite que Fréquelin… Le Luxembourgeois Alain Beauchef vient de rentrer dans l’histoire en installant sa « modeste » petite Gr. 2 privée à la tête du plus célèbre rallye du monde…
… et cata !
L’année suivante (1978), à l’instar de la précédente, on attend surtout un duel Ford (Escort RS 1800) – Fiat (131 Abarth), mais l’équipe anglaise ayant décidé de faire l’impasse sur la classique monégasque, ce sont principalement les « cousines » Lancia Stratos HF, dans une toute nouvelle livrée Pirelli tricolore (blanc-noir-rouge), que les machines turinoises doivent surveiller. Contre toute attente, c’est pourtant une Porsche 911 qui s’imposera, privée de surcroît, grâce au talent et la connaissance du terrain de Jean-Pierre Nicolas, engagé en dernière minute après avoir enfin pu réunir le budget nécessaire.
Chez Fiat, on fait d’autant plus grise mine qu’au Col de Perty (ES 17), mal chaussé, Maurizio Verini est non seulement parti à la faute, mais bloqué au beau milieu de la route, il a de surcroît aussi bloqué… ses coéquipiers, partis derrière lui. Une mésaventure cocasse dans laquelle l’Italien perdra plus de 5 minutes.
