
Les espoirs que Ford a placés dans sa nouvelle Escort ont tendance à plutôt se concrétiser, avec un palmarès enviable qui commence à se constituer. En revanche, sur le Monte-Carlo, et en dépit de quelques prestations de premier choix, toujours pas la moindre victoire… Et le scénario ne cesse de se reproduire…
(illustrations Constructeur, Domaine Public & D.R)
RESUMÉ
1979 – Domination totale et victoire volée ; 2 Fiesta 1600 S Gr. 2 également engagées.
1980 – Sortie spectaculaire de Vatanen sur Le Moulinon / Antraigues.
1982 – Victoire en Gr. 2 (Servià) ; 1ère participation d’une Escort XR3i au Monte-Carlo.
La saison 1979 signe le retour officiel de la Ford Motor Co. Ltd sur le Championnat du Monde des Rallyes. Pour le Monte-Carlo, ses redoutables Escort RS 1800 Mk II Gr. 4 sont confiées à des spécialistes scandinaves : Björn Waldegård / Hans Thorszelius, ancien double vainqueur à Monaco (1969 et 1970 avec Porsche), et Hannu Mikkola / Arne Hertz, déjà auteur de belles choses sur cette épreuve. Parallèlement, 2 Fiesta MK I 1600S sont prévues pour un jeune pilote finlandais prometteur, Ari Vatanen, secondé par David Richard, et l’expérimenté duo Roger Clarks / Jim Porter.
D’emblée, les 2 Escort officielles se partagent les meilleurs temps et le leadership. Bien aidées par des montes pneumatiques particulièrement bien adaptées, elles prennent irrémédiablement le large. Si Mikkola perd quelques places au classement suite à des fortunes diverses, Waldegård tient bon et se dirige vers une victoire qui ne peut plus lui échapper.

Victoire volée
D’emblée, les 2 Escort officielles se partagent les meilleurs temps et le leadership. Bien aidées par des montes pneumatiques particulièrement bien adaptées, elles prennent irrémédiablement le large. Si Mikkola perd quelques places au classement suite à des fortunes diverses, Waldegård tient bon et se dirige vers une victoire qui ne peut plus lui échapper.
Pour la dernière nuit, il adopte donc un rythme de gestion, même pas inquiet de la remontée incroyable de la Lancia Stratos HF de Bernard Darniche, à grands coups de scratches qu’il ne laisse à personne le soin de signer. Dans l’avant-dernière spéciale, le second passage à Villars, au détour d’une courbe, l’Escort numéro 2 trouve devant ses roues… 2 pierres manifestement placées là délibérément par des spectateurs. Pas possible de passer ; le temps que Hans Thorszelius, (le copilote), sorte pour les dégager, 1’16″ s’est envolée. Bien qu’améliorant son temps du 1er passage de plus d’une demi-minute sur l’ultime exercice (Col de Turini), le malheureux Suédois concède 21″ à Darniche, auteur d’un nouveau scratch canon ; le 10e consécutif. Le Français passe Waldegård et l’emporte pour… 6″ !
Du côté des petites Fiesta, Vatanen ne termine que 10e (2e du Gr.2), mais il a fortement été retardé jusqu’à la limite de la mise hors-course. Parallèlement, il a signé quelques coups d’éclat qui ne sont pas passés inaperçus, notamment au Turini, où il réalisera un 4e temps absolu, 18″ devant la VW Golf de Jean-Luc Thérier lui-même. L’exploit est retentissant. A Pont-des-Miolans, il remet le couvert : 3e temps ex-aequo avec Alén…. Ford enregistre aussi une 3e place en Gr. 1 avec Béguin / Ozoux (Escort RS2000 Mk II).

Fin d’une époque
Sacré Champion du Monde Constructeurs en 1979, Ford se retire officiellement en 1980. Ses Escort RS 1800 restent dans le coup, mais elles sont désormais alignées par des équipes privées, notamment celle de David Sutton, avec qui Vatanen remportera le titre Pilotes en 1981. Mais le « Monte » ne figurera toujours pas au palmarès…
En 80, après 2 scratches brisant l’hégémonie de Fiat / Lancia, Vatanen sortira assez fort sur Le Moulinon, dans la descente vers Antraigues. En 1981, il sera trahi par le moteur, tandis que Waldegård, de retour en Ford, ne pourra faire mieux que 8e. Finalement, le meilleur viendra de la Fiesta, avec le podium en Gr. 2 de Servià en 80 et la victoire en Gr. 2 en 82. Cette année-là, on remarque l’engagement des Allemandes Gisela Blume et Petra Schuster sur une version XR3i de la toute nouvelle Escort. Si elles abandonneront sur problème de transmission, la participation de celle qui a délaissé la propulsion pour la traction marque la fin d’une époque et le début d’une autre, que Ford espère enfin mettre à profit pour inscrire à nouveau son nom tout en haut des tablettes du Rallye Monte-Carlo.

Les autres pages de l’histoire de Ford au Rallye Monte-Carlo…